Citoyennes pour l'Europe dans la presse

Contresens sur le fédéralisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contresens sur le fédéralisme

Martine Méheut, Présidente de Citoyennes pour l'Europe

 Le 1, n° 111, 15 juin 2016

 

Le terme de fédéralisme est un épouvantail pour beaucoup d’Européens et particulièrement pour les Français modelés par le jacobinisme et la tradition de l’Etat-nation souverain initié par Bodin. D’où l’impossible compréhension et l’inversion de sens qu’il subit en étant assimilé à une organisation visant une souveraineté centralisée.

Or la fonction de toute fédération est, a contrario, de concilier deux exigences : maintenir la diversité existante tout en parvenant à l’unité requise pour l’efficacité.

Il lui faut trouver comment organiser un pouvoir qui préserve l’autonomie des entités concernées ou, comme le dit Denis de Rougemont, acquérir l’unité pour la diversité et non malgré la diversité. Le principe de subsidiarité en est, bien évidemment, la cheville ouvrière puisqu’il consiste à ne jamais confier à une plus grande unité ce qui peut être réalisé par une plus petite. Sa fonction est de laisser le citoyen responsable dans la limite de ses compétences ce qui implique que le pouvoir de l’entité fédérale ne puisse être que suppléant.

Or si l’Europe est malade aujourd’hui c’est parce qu’elle est la résultante de bricolages rafistolés dans l’urgence par nos Gouvernements à chaque crise qu’elle vit.

Cette impéritie répétée depuis tant d’années est clairement attribuable à leur refus de faire le pas vers une Europe structurellement viable et adaptée aux exigences de la mondialisation. Ce sont malheureusement ces ravages de la défiance et de demi- mesures qui produisent la kyrielle de blocages que nous déplorons chaque jour sur le budget européen, sa fiscalité, son armée, sa politique étrangère ou sa politique migratoire.

Il suffit de prendre l’exemple de la crise de 2008, due aux Etats-Unis et dont ils se sont remis rapidement alors que seule l’Europe est encore touchée, pour comprendre que,faute de dimension politique, l’Europe n’a pu rassurer les marchés.

Il en résulte que les citoyens, voyant l’Europe incapable d’apporter une solution aux différentes crises qui déferlent, ne croient plus qu’elle puisse leur apporter la prospérité, ni même, par sentiment de menace devant l’arrivée de migrants, respecter les valeurs qui en faisaient le socle.

Nous savons cependant que ce sont les Gouvernements nationaux qui, sous le terme de gouvernance, au long des conférences intergouvernementales, exercent le pouvoir selon leurs intérêts nationaux ( et bien souvent aussi électoraux) aboutissant à des recommandations non suivies et à des menaces d’amandes jamais infligées. Il ne faut pas oublier que ces politiques ont été élus sur des programmes nationaux et jamais européens. Alors pourquoi leur demander de se souvenir qu’une Europe capable de fonctionner et remarquablement démocratique avait été déjà prévue dès 1953 par une commission constitutionnelle de 26 personnalités qui avait obtenu un vote unanime avec cinq abstentions. Cette ébauche de constitution européenne fédérale correspondait au vœu révolutionnaire de ceux que l’on a appelé Pères de l’Europe, les Schuman, Churchill, de Gasperi ou Spack..

Il s’agissait d’établir un Gouvernement, et non une gouvernance, pour prendre les décisions requises pour la stabilité monétaire, la croissance de l’économie et la prospérité. Ce Gouvernement, conformément à l’esprit fédéraliste, ne devait donner que les axes et les normes sociales, fiscales et autres, laissant les Etats décider des formes d’application. Le Président du Gouvernement ou Conseil exécutif devait être élu par le Parlement européen, élu lui-même au suffrage universel, possédant un droit de contrôle sur le Gouvernement, un droit d’initiative et devant approuver le budget européen.

S’y ajoutait le Sénat représentant les entités fédérées c’est-à-dire les Etats.

 

C’était le Président du Gouvernement qui choisissait ses Ministres et non les Etats comme ils le font aujourd’hui pour les Commissaires ce qui nous vaut 28 Commissaires à qui il faut trouver une fonction.

Le malaise vécu par les peuples européens, cristallisé dans les populismes qui se développent dans tous les pays, se nourrit du fossé ressenti entre ce qu’ils attendaient du projet européen et la perte de sens que leur montrent tous les jours ces réunions de politiques qui décrédibilisent le projet. Certes existe aussi, comme dans tous les moments de rapide changement, le besoin d’être conforté par une sécurité d’enracinement. Le thème extrêmement sollicité d’identité national relève de cette quête.Mais y a-t-il un régime politique plus attentif et ouvert au respect des identités que celui qui repose sur le principe de subsidiarité et qu’exprime l’article 2 du traité de Lisbonne :

« L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités.

Ces valeurs sont communes aux Etats membres dans une société caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance, la justice, la solidarité et l’égalité entre les femmes et les hommes »

Ce qui est certain c’est qu’il reste un immense travail de pédagogie à mener. Nous ne ferons pas l’Europe fédérale, et donc démocratique, sans l’adhésion de ses citoyens.

 

 
  • 1 Réaction
  • 16/06/2016
  • Intervention de Martine Méheut-Cendrier, Présidente de Citoyennes pour l'Europe

Parlement européen  / Actualité  

Quatre lauréats français pour le "Prix du citoyen européen 2016" du Parlement européen

Angle de vue - Droits des citoyens − France − 03-06-2016 - 11:17

 

Sélectionnés mercredi 1er juin par un jury réuni à Bruxelles, les lauréats français du Prix du citoyen européen 2016 sont: l'association "Sur les pas d'Albert Londres", l'association "Pushing", l'association "Citoyennes pour l'Europe" et Alexandre Schon, Président des Jeunes européens Montpellier

Lire l'article


RENCONTRE – Regards sur l’opéra, avec Lukas Hemleb

Nonfiction.fr, Le quotidien des livres et des idées, [jeudi 17 décembre 2015 - 15:00], par Marie DU BOUCHER
 
En partenariat avec l’association Citoyennes pour l’Europe, l’Odéon invitait ce samedi Lukas Hemleb à parler d’opéra.

La rencontre s’est ouverte par une minute de silence en hommage à Luc Bondy, le directeur du théâtre de l’Odéon, décédé le 28 novembre. Lukas Hemleb l’avait rencontré alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années, et avait été invité dans cette même petite salle, (autrefois nommé le « petit odéon »), où a eu lieu la rencontre. Moment émouvant donc. {...]
La comédienne Claire Sermonne, qui animait la rencontre, lui demande alors si l’idée de l’Europe n’est pas en danger, dans la période que nous traversons. Hemleb parle de la génération de maîtres qui est en train de disparaître (le dernier en date étant Patrice Chéreau), qui incarnaient une certaine idée de faire du théâtre. Nous vivons dans une période de repli, où la circulation des idées telle qu’elle a pu exister en Europe, ne marche plus – alors même qu’il est devenu si facile de communiquer. Hemleb prend l’exemple de Haendel et Mozart, qui  se connaissaient beaucoup mieux que la plupart des compositeurs contemporains ne se connaissent aujourd'hui. [...]
 

SOCIÉTÉ - "La femme audacieuse : une figure européenne",

Nonfiction.fr, Le quotidien des livres et des idées


Entretien avec Martine Méheut, Présidente de l’Association Citoyennes pour l’Europe,

Quelques semaines après l’adoption par le gouvernement allemand d’un projet de loi de quota féminin dans les instancesdirigeantes de ses entreprises 1, cet entretien a été l’occasion de revenir sur les questions d’égalité hommes-femmes au travail, mais aussi de leadership féminin.

Citoyennes pour l'Europe : de l'indignation à l'action

 

Lire l'intégralité de l'interview de Martine Méheut

 

 

 
 

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