Emma BONINO

Emma Bonino met en garde contre l’euroscepticisme en Italie

Dans un entretien avec l’agence espagnole EFE, Emma Bonina, cheffe de file des Radicaux italiens, a fait part de sa crainte vis-à-vis de l’arrivée en Europe de partis comme la Ligue du Nord, partenaire de coalition du parti de centre-droit Forza Italia de Silvio Berlusconi, et comme le Mouvement 5 étoiles (M5S).

Alors que Silvio Berlusconi défend son partenaire de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, devant l’Union européenne et affirme que la menace est le M5S, Emma Bonino est claire sur une chose : les deux sont un danger.

« S’ils finissent par gouverner (Ligue du Nord et M5S), c’est un danger car ce qu’ils disent vouloir faire est totalement contraire au développement démocratique et humain d’un grand continent comme l’Europe », explique-t-elle.

À près de 70 ans et après avoir surmonté un cancer qui l’a éloignée de la politique pendant une longue période, Emma Bonino présente son mouvement en coalition avec le Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi pour, entre autres, défendre l’UE dans une campagne électorale où la question a pratiquement disparu.

Ainsi, elle affirme que sa décision contestée de s’allier à Matteo Renzi répond à la nécessité d’éviter, avec toute sa détermination, que « ce bloc souverainiste, anti-européen et xénophobe représenté par Berlusconi, Salvini et Meloni (Giorgia Meloni, leader du parti d’extrême droite Frères d’Italie) ne gagne ».

Elle considère le Mouvement 5 étoiles comme « un objet mystérieux » car il change constamment d’avis sur l’UE, et l’accuse de « ne pas avoir de vocation ou de culture institutionnelles ».

La commissaire européenne chargée de la consommation et de la pêche entre 1994 et 1999 confie à EFE son souhait de revenir sur la scène politique européenne. « Sur ce point, je n’ai aucun doute. » « Il est encore temps » pour elle d’occuper l’un des plus hauts postes institutionnels. Son nom a aussi été évoqué pour la présidence de République.

Climat xénophobe

Selon elle, le problème de l’Europe a été qu’en 2011, avec la crise économique, il a été découvert que « nous n’avions pas de banque, pas de Trésor, nous n’avions pas de ministre du Budget. La tempête est arrivée et nous avons découvert que nous n’avions pas de parapluie, donc nous avons trouvé des solutions nationales et un peu improvisées. »

Son remède pour l’UE est « une Europe fédérale et fédéraliste ». Avec une structure de gouvernance qui traite la monnaie unique avec plus de transparence, de démocratie et avec des ressources pour élaborer des politiques sociales, d’investissement et d’innovation pour les jeunes.

Un problème majeur est qu’il n’y a plus de « partis paneuropéens », explique l’ancienne ministre des Affaires étrangères sous le gouvernement d’Enrico Letta en 2013, et qui a quitté le pouvoir à l’arrivée de Matteo Renzi.

« Dans certains pays, comme le mien, l’Europe est depuis longtemps utilisée comme bouc-émissaire et responsable de tous les maux, ce qui est faux », regrette-t-elle.

L’un des points communs avec Matteo Renzi, qu’elle reconnaît connaître peu et avec qui elle a peu de contacts, est donc la défense de l’Europe.

« Si quelque chose ne va pas, la fautive est l’Europe et, pour le dire franchement, on oublie tout à coup tous les avantages sur le plan économique, la possibilité de voyager, l’Erasmus, l’absence de frais d’itinérance, les vols à bas prix… », défend-t-elle.

Elle explique que depuis ses débuts en politique, à l’âge de 27 ans, elle n’a jamais connu une campagne électorale avec « autant de promesses fantaisistes » que celle qui se déroule actuellement.

Elle prévient également que, bien que l’Italie « ne soit pas raciste », un « climat xénophobe est en train de s’installer », ce qui l’inquiète.

Emma Bonino soutient par ailleurs qu’il n’y a pas de problème d’immigration, centre de l’attention de la campagne électorale, et qu’une « bonne gestion des sans-papiers » suffirait.

Pour le moment, Bonino ne veut pas faire de projets pour l’avenir, préfère ne pas commenter ce qui se passera en mars et espère seulement pouvoir dépasser les 3 % qui garantiraient à +Europe environ 12 à 15 sièges et qui lui permettrait de ramener ses combats au parlement italien.

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