un gouvernement espagnol à majorité féminine

Très forte présence féminine dans le nouveau gouvernement espagnol

Le nouveau gouvernement espagnol, dont les membres ont prêté serment jeudi devant le Roi Felipe VI d’Espagne, se caractérise par une forte présence féminine avec 11 portefeuilles sur un total de 17 confiés à des femmes.

 

Le chef du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, est allé, dans la composition de son cabinet, au delà de la parité qu’il avait promis tout juste après sa nomination, pour mettre en place un exécutif avec la plus forte présence féminine de l’histoire de la démocratie espagnole.

Les femmes occupent 64,7% du nouvel exécutif espagnol, faisant de l’Espagne le premier pays au monde en termes de femmes ministres présentes au sein d’un gouvernement, devançant des pays connus pour être des références en la matière comme la Suède ou l’Islande.

Des femmes à des postes centraux

Accordant une place prépondérante aux femmes, Sanchez a nommé Carmen Calvo, 60 ans, ancienne ministre de la Culture (2004-2007), comme vice-présidence. Elle sera également à la tête du ministère de l’Égalité, une question prioritaire pour le gouvernement, trois mois après l’exceptionnelle « grève générale féministe » et les manifestations d’ampleur inédite du 8 mars.

Sanchez a aussi choisi de placer des femmes à des postes centraux, au point que la presse espagnole se demande si le Conseil des « ministros » (ministres au masculin) ne devrait pas être rebaptisé des « ministras » (au féminin).

L’ancienne procureure antiterroriste Dolores Delgado arrive à la Justice et l’ancienne juge de la Cour suprême Margarita Robles à la Défense. Isabel Celaa sera chargée de l’Éducation, Magdalena Valerio du Travail, Carmen Montón de la Santé.

Le budget 2018 conservé au nom de la « stabilité »

Le socialiste a surtout choisi deux femmes pour diriger son équipe économique qui, selon sa promesse de la semaine dernière,     « devra avoir pour priorité principale de respecter les engagements européens » en matière de déficit public.

À côté de Nadia Calviño à l’Économie, Maria Jesus Montero prend le portefeuille des Finances. Assumant déjà cette responsabilité au gouvernement régional de l’Andalousie, elle avait ainsi dû pratiquer dans sa région les coupes claires dans les dépenses publiques ordonnées par le gouvernement conservateur.

Outre la vice-présidence du gouvernement assumée par Carmen Calvo, des ministères d’une grande importance ont donc été ainsi confiés à des femmes ( justice, défense,  finances, économie,éducation, travail , politique territoriale... )

De plus , les compétences et la grande expérience des femmes qui se sont vues accorder des portefeuilles au sein du nouveau gouvernement socialiste sont largement reconnues sur la scène politique espagnole.

A titre d’exemple, la nouvelle ministre de l’Economie, Nadia Calviño, a été, depuis 2014, directrice du budget de la Commission européenne, responsable de la programmation financière multi-annuelle, de la comptabilité et de la réglementation du budget communautaire.

La ministre de la Justice, Dolores Delgado Garcia, une des plus grandes spécialistes en matière de lutte antiterroriste en Espagne, a exercé pendant 25 ans dans le domaine de la justice, notamment au parquet près le Tribunal supérieur de justice de la Catalogne (1989-1993) et du parquet spécial anti-drogue près l’Audience nationale (1993-2004), la plus haute juridiction pénale d’Espagne.

Avec cette forte présence féminine au sein du gouvernement, Pedro Sanchez a voulu consacrer l’une des principales valeurs de son parti, à savoir l’égalité de genre, en conférant une place centrale à la promotion de la participation des femmes à la vie politique.

La composition du nouveau gouvernement espagnol est « le reflet du meilleur de la société » espagnole, « paritaire, inter-générationnel et ancrée dans l’Union européenne (UE)« , a déclaré Sanchez, mercredi suite à l’annonce des membres de son cabinet.

Les femmes sont si bien représentées au sein du nouveau gouvernent espagnol que certains de ses membres ont juré, devant le Roi d’Espagne, de « garder le secret des délibérations du Conseil des +ministras+ (ministres au féminin) et des +ministros+ (ministres au masculin)« , formule utilisée pour la première fois lors d’une telle cérémonie.

Le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, a automatiquement remplacé Mariano Rajoy au poste de chef de gouvernement, suite à l’adoption par le Congrès des députés de la motion de censure, déposée par les socialistes dans le sillage de la condamnation du PP dans l’affaire de corruption dite Gürtel, le 24 mai.

Il s’agit de la première fois qu’un chef de gouvernement espagnol accède au pouvoir à la suite d’un vote de non-confiance. 180 des 350 députés du Congrès des députés ont voté en faveur de la motion.

 

La nouvelle ministre de l’Économie espagnole arrive directement de Bruxelles

Nadia Calvino [EPA/JONATHAN BRADY]

Nadia Calviño, haute responsable à la Commission européenne, sera la nouvelle ministre de l’Économie du gouvernement espagnol de Pedro Sánchez, le parti socialiste espagnol.

La nouvelle responsable de l’économie espagnole a un profil nettement technique. Son nom avait aussi été évoqué ces dernières semaines comme possible candidate à la gouvernance de la Banque d’Espagne.

L’économiste et avocate galicienne, Nadia Calviño, sera ministre de l’Économie du gouvernement de Pedro Sánchez après huit ans au service de la Commission européenne, où elle est directrice générale des budgets depuis 2014. Elle se charge donc de la programmation budgétaire, de l’élaboration des budgets annuels et des normes comptables et financières.

À ce poste, elle travaillait aux côtés de l’actuel commissaire européen au budget, Günther Oettinger, et de sa prédécesseure, actuelle conseillère déléguée de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva, pour superviser l’activité de cinq directions et 450 employés.

Elle quitte son poste à un moment crucial pour son département : les négociations entre les pays commencent sur le cadre financier pluriannuel pour 2021-2027. Élaboré par son service, ce budget sera le premier de l’ère « post-Brexit ».

Avant d’occuper ce poste, Nadia Calviño était directrice générale adjointe en charge des services financiers à la direction générale du marché intérieur et des services de la Commission européenne (2010-2014). Avant cela, elle occupait le même poste à la direction générale de la concurrence de 2006 à 2010.

Avant d’arriver dans les institutions européennes, elle a travaillé au ministère de l’Économie en Espagne, où elle est restée de 1994, à 2006, en occupant divers postes.

Son premier poste au gouvernement était cheffe de cabinet au ministère du Commerce et du Tourisme, où elle travaillait au service des analyses macroéconomiques et du travail.

Avant de travailler pour l’État, elle était consultante pour un cabinet d’avocat et professeure agrégée à l’Université Complutense de Madrid.

Nadia Calviño, diplômée d’économie et de droit, est la fille de José María Calviño, ancien directeur général de l’organisme public Radio Televisión Española.

 

 

Selon Politico, "le nouveau gouvernement de Sanchez est fermement de centre-gauche" et compte "un nombre record de femmes et de visages familiers pour ceux de Bruxelles". Objectif : "rassurer l'UE et les marchés sur l'engagement de l'Espagne en faveur de la discipline budgétaire". 

Ouest-France rapporte que le Premier ministre qualifie lui-même la composition de son gouvernement comme "le reflet du meilleur de la sociétéespagnole, paritaire, intergénérationnel et ancrée dans l’UE". "Le leader espagnol a mélangé des politiciens socialistes chevronnés et de nouveaux experts indépendants" [Politico].

Un gouvernement rassurant pour l'UE

Franceinfo rappelle qu'en "pleins préparatifs du Brexit au Royaume-Uni, et alors que l'Italie vient de se voir se former un gouvernement eurosceptique, l'exécutif espagnol a volontairement un caractère pro-européen marqué". D'après Sud Ouest, Pedro Sanchez explique que "c’est un gouvernement européen, parce que l’Europe est notre patrie, d’où le profil de beaucoup de ministres (…). C’est aussi pour cela que le terme Union européenne est inclus dans l’intitulé du ministère des Affaires étrangères", ajoute-t-il.

C'est d'autre part "au nom de la stabilité" que M. Sanchez "s’est engagé à conserver le budget de l’État 2018 élaboré par les conservateurs, en passe d’être examiné par le Sénat" [Ouest-France]. Pour Le Monde, il a surtout "choisi deux femmes pour diriger son équipe économique qui devraient avoir pour priorité principale de respecter les engagements européens en matière de déficit public". L'ancienne "directrice du budget de l’UE, Nadia Calviño", a ainsi été nommée au ministère de l’Economie.

Le journal barcelonais La Vanguardia rapporte que le très stratégique poste de ministre des Affaires étrangères a été confié "au catalan Josep Borrell, un vétéran du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol)" [Courrier international]. Cette "figure historique" du parti est un "ancien ministre" qui a eu par la suite un "parcours très proeuropéen". Selon La Vanguardia, en le nommant, “Pedro Sanchez envoie un signe très rassurant à l’Union européenne".

Un gouvernement majoritairement féminin

Pour Le Figaro, "la première caractéristique du gouvernement de Pedro Sánchez saute aux yeux : sur 17 ministres, il y a 11 femmes". C'est un "record en Espagne et probablement dans le reste du monde". Ouest-France explique que, sachant que le gouvernement compte des femmes à des postes centraux, la presse espagnole se demande si le Conseil des "ministros (ministres au masculin) ne devrait pas être rebaptisé des ministras (au féminin)".

Pedro Sanchez a ainsi "nommé Carmen Calvo, ancienne ministre de la culture (2004-2007), comme vice-présidente". Elle sera aussi à la tête du ministère de l’Egalité, un enjeu qui résonne comme "prioritaire pour le gouvernement", trois mois après l’exceptionnelle "grève générale féministe d'une ampleur inédite" [Le Monde]. Selon Le Figaro, "le féminisme et l'écologie pourraient être deux des grands marqueurs de gauche d'un gouvernement". Pour Joan Marcet, professeur de sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone, "les sujets économiques sont tellement conditionnés par l'Europe et les marchés que les sujets de société sont à peu près les seuls sur lesquels se différencier" [Le Figaro].

Minoritaire au Parlement 

D'après Le Monde, le gouvernement de Pedro Sanchez est "le plus minoritaire depuis le rétablissement de la démocratie" : le parti socialiste ne dispose que de "84 députés sur 350" au Parlement. Il va dépendre de "la marge de manœuvre que voudront bien lui laisser le parti de gauche radicale Podemos, les nationalistes basques et les indépendantistes catalans, qui ont soutenu la motion de censure contre M. Rajoy". Politico résume ainsi la situation : Pedro Sanchez "a ignoré les appels répétés de Podemos (…) pour former une coalition, optant plutôt pour un gouvernement minoritaire". Mais cette"situation le fragilise" grandement.

Face à la question catalane notamment, Courrier international rappelle que le nouveau ministre des Affaires étrangères, Josep Borrell, "a souvent été en première ligne pour contrer les séparatistes catalans" et qu'il est comparé "à un leader moral du catalanisme non séparatiste". "Mais la question sécessionniste devrait occuper davantage l'autre Catalane du gouvernement, la ministre des Collectivités territoriales, Meritxell Batet" [Le Figaro]. Celle-ci défend une "troisième voie entre le statu quo et l'indépendantisme", sachant que le parti socialiste s'est engagé "à apporter une réponse politique au-delà de la riposte judiciaire de ses prédécesseurs". 

 

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